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Une épreuve sportive de VTT sympathique et exigeante
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La première sortie de l’année

25 février 2020 Pas de commentaire

Il a bien fait d’insister

Après 5 semaines d’arrêt complet d’activité sportive, je comptais reprendre progressivement le vélo en commençant par des sorties tranquilles sur route, pour faire tourner les jambes. Et puis, l’autre jour, un appel de Stéphan qui me dit :

  • - ça y est, j’ai dans mon garage un SCOTT électrique qui m’attend, qu’est-ce qu’on fait dimanche ?
  • - Normalement je fais de la route
  • - Non, non, dimanche on étrenne mon VTT

Bon, après quelques échanges de mails, décision est prise d’aller user nos tétines du coté de Carcassonne et c’est comme ça que nous nous retrouvons, la fine équipe du STONE, sur le parking de Pennautier à examiner la nouvelle monture à propulsion atomique de Stéphan. Ont donc répondu à l’appel, Djey, Philou, JMJ, Stéphan, Christian un ami de Stéphan et moi.

Nous démarrons donc tranquillement sur le parcours de la Canarde, superbe rando qui malheureusement n’est plus organisée depuis deux ans. Nous sortons du village par une petite route qui se transforme très vite en chemin roulant mais qui monte de façon raisonnable. Puis les choses se corsent, la piste devient single et nous arrivons rapidement à une première descente qui serait facile si elle n’avait pas été ravinée par les fortes pluies dont la région a été récemment victime. La trace utilisable se résume à une profonde ornière barrée de racines très glissantes et de quelques marches, peu importantes mais bien présentes. On passe très prudemment, mais ça passe jusqu’au moment où la pente s’amoindrit et ou on lâche les freins. C’est le moment que choisit mon guidon pour attraper une branche qui a pour effet immédiat de mettre ma roue avant à l’équerre avec pour conséquence, une mise en orbite instantanée de Charly. Saloperie de guidon trop large. Je me relève sans trop de mal mais il faut savoir que la végétation locale est composée de petits bosquets de bois dur et d’épineux. Je peux vous assurer que ça pique. Nous repartons tranquilles pour attaquer une montée sur un single qui se partage en deux. Stéphan suit JMJ et son GPS qui lui indique d’aller à droite, nous suivons Djey dont je GPS nous indique le chemin de gauche. Bref nous voilà séparés. Liaison par téléphone et JMJ et Stéphan nous retrouvent pour continuer ce single qui nous amène sur une crête avant de plonger sur une descente, calme au début mais qui s’incline au fur et à mesure que nous avançons. Rien de difficile jusqu’au moment où nous arrivons sur un virage en pierre, à droite très serré en dévers suivi d’un autre virage à gauche, toujours en dévers. Le premier passe, le second m’oblige à déchausser, bloquer le frein avant et faire pivoter le vélo pour prendre ce foutu virage à gauche. Quelques dizaines de mètres plus bas nous croisons des joggers qui remontent le chemin et se mettent de côté pour nous laisser passer. Sympas les joggers. On continue la descente pour arriver sur une marche barrée de racines que je passerai…à pied. Il est sûrement possible de la passer sur le vélo à condition de connaître le passage mais comme ça, en découvrant le truc, c’est chaud. Arrivés au fond du vallon, un filet d’eau tout à fait inoffensif nous mouille un peu les pieds lorsque nous le traversons alors qu’il y a quelques semaines, l’eau emportait tout sur son passage et la trace de ses dégâts est encore visible. Impressionnant. Nous remontons sur l’autre rive et enquillons un single très ludique à profil descendant qui enchaine virages sur virages autour de remarquables cabanes de berger faites de milliers de pierres sèches. Je roule vite mais pas trop pour garder un pilotage coulé, j’entends derrière moi Stéphan qui se régale, il est propre car je n’entends pas de blocage de roues ni de travers intempestifs, et en plus commente ses plaisirs. (ahhhh ! ohhh ! je me régale). On continue par des singles qui longent une crête, interdiction de se sortir sinon c’est 50 m de chute libre, mais le chemin est assez large pour rouler vite sans trop de risques. Philippe est devant je laisse comme toujours un espace suffisant entre celui qui me précède et moi. On avance et Philippe disparait derrière la végétation. Quelques secondes plus tard, je l’attends crier « attention ». Je ralentis, baisse ma selle et arrive en haut d’une dalle en pierre impressionnante. Il y a de la pente, un coup d’œil rapide me permet de voir Philippe qui est en bas, il attend avec le sourire. Visiblement, il est passé et s’est fait plaisir. Je rentre dans la pente, c’est chaud, ça descend très fort mais les pneus adhèrent bien sur la pierre ce qui permet de gérer le freinage mais la pente est telle qu’il est impossible de s’arrêter. J’arrive au milieu de la descente et passe une petite marche de 30 cm, ce n’est rien mais vue la pente ça impressionne. Sensations garanties. Je me déporte légèrement sur la droite car il me semble que la pierre à gauche est poussiéreuse, mal m’en a pris car en bas c’est une belle marche de 70/80 cm qui m’attend et là j’ai un gros coup de chaud. Je retrouve immédiatement mes réflexes de trialiste, jambes souples, guidon fermement tenu, le ventre sur la selle, le regard à 5 mètres devant et je lâche les freins lorsque ma roue avant est à 1 mètre de la marche. Le vélo prend immédiatement de la vitesse, la roue avant atterrit sur un lit de cailloux, je sens la fourche s’enfoncer très progressivement pour se freiner sans talonner violemment, secousse derrière, c’est passé mais je reconnais que j’ai eu les jetons lorsque je me suis aperçu de ce qui m’attendait en bas de la descente. Mais là c’était trop tard pour s’arrêter, seule solution y aller en serrant les fesses et j’avoue les avoir serrées…très fort. Arrive ensuite JMJ qui s’engage sans hésitation. J’ai le tort de lui crier de faire gaffe ce qui lui met le doute. Il freine fort pour s’arrêter, le vélo se met en travers, et c’est la grosse gamelle, pas vite mais sévère d’autant que Jean-Marc a des problèmes pour déchausser. Il s’en sort sans mal mais sur le coup, il a du pot car en dessous, il y a du gaz. Les autres arrivent mais s’arrêtent en haut de la dalle et là c’est trop tard pour s’équilibrer sur le vélo et se lancer dans un truc pareil. La prudence leur dicte de passer à pied ce qu’ils font prudemment sauf Stéphan qui se lance avec sa pile atomique. Stéphan, il maîtrise et une fois de plus il nous montre qu’il est technique, il passe avec le sourire… Bravo. On regroupe la troupe et continuons la rando en suivant Djey qui a un GPS qui fonctionne, celui de JMJ n’ayant plus de jus. Faudra peut-être envisager de le brancher sur la batterie du SCOTT de Stéphane. C’est un Jérôme transformé, qui roule fort qui nous guide et qui passe du technique.  Nous jardinons un peu car la nature a ceci d’extraordinaire c’est qu’elle reprend vite ses droits lorsque personne ne passe dans les chemins. Les khmers verts, bobos écologistes urbains, seraient bien inspirés de réaliser que les gens qui, comme nous, roulons dans la nature, entretenons les chemins et qu’à tout interdire, un jour on ne pourra plus y mettre les pieds. Nous continuons sur une succession de single qui nous amène à la montée du cimetière dont j’entends parler depuis le début de la rando. Elle grimpe la garce mais je l’ai eu, enfin, elle m’a quand même cassé et je suis heureux de n’avoir, pour retrouver la voiture, que des chemins en pente douce. Nous arrivons à Pennautier mais pas de pancarte au grand désarroi de Philippe. Qu’à cela ne tienne, fidèle à sa réputation, il sprinte pour arriver à la voiture le premier. Il est grand temps de retrouver nos habitudes ce que nous faisons dès que nos vélos sont chargés, le casse-croute est sorti et les bières nous font un bien fou.

Quelle belle rando pour une reprise. Tout compte fait, Stéphan, Il a bien fait d’insister