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Une épreuve sportive de VTT sympathique et exigeante
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Trespoux Février 2020

25 février 2020 Pas de commentaire

Sous les pavé, la plage. Sous les feuilles, la glisse

C’est en ordre dispersé qu’une partie du STONE roule ce week-end. Stéphan excite les électrons sur les hauteurs des coteaux pour une virée de plus de 30 km, Djey, Jean-Marc et moi allons user nos tétines du coté de Cahors. Petit temps bien frais mais pas de pluie et un rayon de soleil a la délicatesse de nous accueillir à Trespoux, lieu bien connu des vététistes de la région. Comme toujours à cette saison, la question qui se pose est : Comment doit-on s’habiller ? On part toujours trop couvert, de peur d’avoir froid et au bout de quelques kilomètres, on enlève les épaisseurs. Ici, nous n’attendrons pas longtemps pour avoir chaud. Deux cents mètres de route et le premier single nous attend. Je dois ouvrir là une parenthèse. En 2019 nous avions quitté Djey en petite forme, Il suivait le groupe mais on voyait bien qu’il roulait à la limite de ses possibilités, physiques et parfois techniques. En 2020, Jérome nous revient transformé. Soit il s’est super entrainé et son vélo à électron lui a bien servi (aujourd’hui il est sur un musculaire) soit il a trouvé un très bon docteur. Va falloir en parler à nos membres de la Faculté et puisqu’on parle d’eux, un petit bonjour à Alain. On sait qu’il ne prend pas trop son pied en ce moment. Le temps de rassembler tous les morceaux, de souder tout ça et il roulera à nouveau avec nous. Reviens vite, on t’embrasse Alain. Djey prend la tête de la petite troupe et enquille le single à vitesse grand V. JMJ le suit à quelques mètres et je me dépouille pour tenter de garder le contact. Je suis à bloc, et vois mes deux amis s’éloigner lentement mais surement. Impossible de les rattraper tout juste de les suivre à distance. Ces singles cadurciens sont étroits et serpentent entre les arbres, recouverts de feuilles ils sont extrêmement glissants. Avant chaque virage je vois une longue trainée noire qui s’élargit, preuve d’un léger blocage de roue arrière suivi d’un dérapage maitrisé. Doivent pas chômer les lascars, juste devant. Pour ma part, je fais ce que je peux, je ne suis pas vraiment à l’aise, j’ai l’impression que le vélo n’arrive pas à suivre l’étroit chemin, il élargit la trajectoire dans chaque virage et je suis obligé de gérer au frein AR pour passer à peu près bien les enfilades autour des arbres. Heureusement Djey et JMJ m’attendent régulièrement car dans ce dédale de petits chemins, il y a vraiment de quoi se perdre. Heureusement qu’il y a le GPS, surtout celui de Jean-Marc, un tout nouveau bijou qui vous dit tout. Ce début de parcours est exténuant, ces singles qu’on enquille à bonne vitesse demandent une attention de tous les instants, on aurait tendance à mettre du braquet et puis juste derrière le petit virage, une gosse bougne sur 15 mètres mais si tu n’as pas la chaine sur le 28 ou le 32, t’es à pied. Je profite de ce que mes amis m’attendent pour, lors d’un arrêt regroupement, dégonfler un peu l’avant, je n’avais mis que 1.4 kg mais c’est encore trop et effectivement, un peu dégonflé, ça va beaucoup mieux mais ça ne suffit pas pour me permettre de les suivre. « Hé Jérôme, tu comptes nous faire tout le parcours à cette allure ? »

Après un enchainement de virages à flanc de colline voilà que la pente s’incline bigrement et là ce n’est plus un problème de vitesse qu’on a à régler mais bien d’adhérence. Les pneus bourrent, toucher le frein AR et c’est un blocage immédiat de la roue, reste à gérer avec l’avant. JMJ tutoie les limites et même les dépassent. Sanction immédiate, séparation instantanée avec son YETI et direction par terre, heureusement sans mal. On remet l’équipage en ordre de marche et on arrive tant bien que mal sur un chemin carrossable qui monte légèrement, pour l’instant. Ça fait du bien de se détendre un peu en roulant, mais JMJ avec son nouveau GPS nous signale qu’il nous faut prendre un petit single qui monte sur le côté. Dommage j’aurai bien continué sur ce chemin plus roulant. On grimpe doucement mais tout compte fait ce single est assez ludique par contre question énergie, il en bouffe. Après une bonne partie de manivelle, le single oblique et nous ramène sur le chemin que nous avons quitté quelques centaines de mètres avant. On continue en évitant de trop lever la tête car devant nous ce sont de longues lignes droites qui montent « sévère ». Mes deux lascars partent devant mais la pente aidant, je les remonte petit à petit. Enfin, on aperçoit le haut mais les quelques dizaines de mètres qui nous manquent à gravir nous arrachent les cuisses. En haut ce sont 3 vététistes bien entamés qui fouillent leurs poches à la recherche de barre énergétiques. On repart quelques instants plus tard sur une petite route avant de tourner 200m plus loin pour attaquer un nouveau single qui de suite prend la direction du bas du vallon. Et pas qu’un peu. JMJ est devant, je le perds rapidement de vue. La pente s’incline de plus en plus mais ce n’est pas la pente qui pose problème c’est le manque d’adhérence. On arrive sur un solide dévers, JMJ est là. « Fais gaffe ça glisse » Effectivement, difficile de s’arrêter dans la pente, je baisse la selle et dé-clipse une pédale. Ce n’est pas beau mais j’assure avec un pied en appui du coté amont. Ça passe mais dosage feutré du frein avant obligatoire, Virage en épingle à droite, difficile suivi de son copain à gauche et on arrive sur un passage qui ne laisse pas d’alternative. Le single est une ornière de 15 cm de profondeur. Si le pneu touche c’est descente en marche assurée. Je dé-clipse les deux pédales, baisse la selle et je passe le truc façon luge. Pas beau mais efficace. Je remets le tout dans l’ordre, selle et pédales pour arriver dans un virage en dévers ultra glissant. JMJ est là, debout à côté de son vélo, hors trajectoire. Je passe, à la limite du décrochage mais je passe. Ce sera le seul moment de la journée où je serai devant Jean-Marc. Nous arrivons sur un chemin où nous croisons un enduriste très cool qui ralenti dès qu’il nous voit. Salut de la main et nous poursuivons notre chemin sur un single qui monte et qui ne nous est pas inconnu. Nous l’avons très certainement fait à l’occasion de randonnées faites avec Yves, des maillons libres. Nous débouchons sur la seconde grosse montée du parcours. Et celle-là, elle est gratinée, longue et sévère. Nous aboutissons sur une route d’où nous voyons la tour rouge et blanche située à l’entrée de TRESPOUX. Je regarde mon compteur. 21 km. « Il reste combien ? 17 bornes » Alors là les gars, je ne peux pas… J’ai plus d’essence dans le réservoir, enfin pas assez pour faire 17 km et avaler les deux bosses marquées sur le GPS de JMJ. Sagement, je prends les clefs du mini bus de Djey et prend la route qui me ramène sur notre point de départ. Au bout de 400 m je vois une piste en castine qui longe la route et qui me ramènera tranquillement à la voiture. J’ai fait un très bon coup de vélo. Ca me va. Continuer aurait été synonyme de galère. Tout est bien comme ça et la bière à l’arrivée était délicieuse. Je me change et m’installe dans le minibus en attendant Djey et JMJ qui doivent en avoir pour au moins une heure et demie à deux heures avant d’arriver. Je m’assoupis quelques minutes lorsqu’un gros coup de frein sur du gravier me sort de ma torpeur. JMJ et Djey sont là. En fait ils ont descendu une belle pente pour se retrouver au fond d’un vallon puis remonter sur la crête mais eux aussi en ont plein les bottes. Ils ont décidé de couper, sage décision. Voilà donc une très belle journée de VTT, un peu écourtée mais l’important c’est d’avoir du plaisir. Nous reviendrons à Trespoux mais mieux entrainé et peut être sur un terrain un peu plus sec. Autant vous dire que je trajet du retour a été calme, très calme.