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Pour le pont du 15 août, le Stone est allé jusqu’au viaduc

31 août 2017 No Comment

Nous étions vraiment peu nombreux du STONE à rouler ce mardi 15 août. Seuls Jérôme et moi sommes allés à MOULARES pour leur traditionnelle rando du mois d’Août. Sébastien et Karine, sa compagne, nous rejoignent sur le stade de Moulares, lieu de départ de la rando. Bien que de bonne heure nous sommes dans les derniers à démarrer. Le temps est frisquet, 14° seulement et c’est avec les manchettes et le gilet sans manche que nous partons avec un fort vent de dos qui nous accompagne. Le départ est très moyen, quelques chemins pas très techniques entrecoupés de tronçons de route. Tout cela montre les difficultés que peuvent rencontrer les traceurs en région d’élevage car tout est barrièré. Le rythme est du coup assez soutenu, et lorsqu’au fil des virages nous nous retrouvons face au vent, tout le monde se met en ligne derrière Karine pour bénéficier de l’aide de son magnifique Spécialized électrique. Jérôme remue son GT et soutient l’allure. Si tout est comme ça, la journée risque de ne pas être très amusante. Nous arrivons très rapidement au premier ravitaillement, assez complet avec du sucré et du salé, fromage et pâté compris, au grand bonheur de Sébastien. Ce premier ravito est aussi le moment où l’on doit choisir le parcours à faire. Au vu de ce que nous venons de faire nous nous dirigeons vers le 50 km sauf Jérôme qui a un peu de mal à digérer l’allure des premiers kilomètres. On insiste lourdement mais il a un argument imparable. « Il était prévu un petit parcours de 35 km et en réalité il en fait 38… ». Nous le laissons donc sur ce circuit et partons, karine, Sébastien et moi sur la grande boucle. Visiblement il y a peu de traces de passage ce qui tend à démontrer que beaucoup de vététistes ont fait le même choix que Jérôme. Quelques chemins assez roulants s’enchainent lorsque karine s’arrête pour un besoin naturel. Je continue à rouler doucement en attendant qu’elle et Seb me rejoignent. J’arrive tranquillement à une intersection d’où part un sentier qui commence à bien descendre. C’est du monotrace mais piégeux. Des saignées de travers et quelques ornières sur les côtés obligent à une attention de tous les instants et surtout, une technique éprouvée pour trouver l’adhérence sur ce terrain très sec ou la poussière mêlée aux cailloux n’ont qu’un objectif, mettre par terre le vététiste imprudent. La difficulté n’est pas spectaculaire mais elle est réelle, constante et demande une attention soutenue. Petit à petit, j’arrive au fond du vallon, traverse un petit gué et enclenche sur un monotrace qui remonte de façon progressive sur l’autre versant de la vallée. C’est assez long et ça grimpe mais c’est sympa. Je débouche sur une route et j’en profite pour attendre Seb et Karine. Les monotraces c’est bien mais quand tu es bloqué derrière un gars qui n’avance pas et bien tu attends et tu restes bloqué. Karine est ravie, bien sûr, elle a l’assistance électrique pour la grimpette mais elle a passé la descente avec assurance, ce qui n’était pas évident. On se regroupe donc et nous poursuivons par une succession de petits chemins dont une descente très technique celle-là. Quelques petites marches, des virages en épingles, du dévers, des saignées, des ornières, un sol sec et très glissant bref tout l’éventail de pièges susceptibles de te mettre au tas. A lire, ça n’a pas l’air terrible mais à faire c’est intense et à la moindre faute c’est direction par terre. Arrivés en bas, nous traversons un petit gué et poursuivons par une montée qu’on pourrait appeler la « montée de l’enfer ». Seb est devant, tout à gauche, je suis derrière lui, à trois mètres, le bec de selle dans le c.., ça monte fort, très fort, je regarde sa roue arrière éviter les pierres, son pneu mordre la terre, ça tracte doucement mais ça monte, les cuisses chauffent, il faut se battre pour prendre la bonne trace, enfin arrive un replat suivi d’un virage mais derrière, ça continue. Il faut vraiment s’arracher, prendre sur soi pour ne pas mettre pied à terre et tenir l’équilibre. Enfin on voit le bout, on sort de « l’enfer ». Karine est là. Son SPE électrique l’aide bien, surtout dans la montée mais ça ne fait pas tout, il faut le piloter l’engin et surtout ne pas oublier que ce n’est pas une mobylette électrique. Là, pour le coup, Jérôme nous en aurait voulu. Un coup à se fâcher. Nous arrivons donc sur la crête pour replonger dans le bas du vallon par une belle descente, relativement rapide mais toujours piégeuse et qui demande de l’attention. Traversée de gué et nous arrivons sur une petite route qui serpente en fond de vallée pour nous amener sous le viaduc de Viaurs. Extraordinaire. Fantastique. Et dire que ça date de 1903. On aurait tendance à attribuer cet ouvrage à Eiffel mais c’est en réalité à l’ingénieur Paul Bodin que nous devons ce chef d’œuvre. Vraiment, rien que pour ce point de vue ça valait le voyage. Petite photo souvenir et on enquille la suite du circuit par une grimpette qui nous amène au second ravito. Celui-là, il est perché, tellement que même l’électrique a du mal à monter et là… lorsqu’il faut pousser la bête, et c’est du sport de force. Il faut y mettre du jus de mollet et de bras. C’est le seul passage ou nous pousserons le vtt, l’électrique compris. Petit ravito mais là sans salé. Seb est catastrophé, sans salé c’est un vététiste mort. Nous poursuivons par un single très ludique qui serpente à flanc de colline et qui nous amène doucement sur la crête ou il restera à rejoindre Moulares, terme de nos 50 km. L’allure est un peu moins soutenue, Seb paye la frugalité du dernier ravito, il ne dit rien mais on sent qu’il puisse dans ses réserves pour finir. Nous arrivons enfin, bien cuits, biens fatigués pour retrouver Jérôme, changé et souriant. Seb cherche vite un peu de salé à manger… les tables sont presque vides, il n’y a qu’un peu de saucisse mais plus de pain, plus de pâté, plus d’éclairs au chocolat comme c’est la coutume à Moulares. Il faut dire que le gros des participants a fait le circuit de 38 km et une fois arrivés, ils se sont gavés. En faisant le circuit long, on s’est condamné à se sucer les doigts à l’arrivée. Pour s’excuser nous aurons accès à la tireuse à bière gratuit et à volonté. Tout compte fait c’était tout de même une belle rando, même si les premiers kms nous ont amenés à nous poser des questions sur la suite de la rando. L’option « grand parcours » était vraiment la bonne même si elle était très physique. Il suffit de demander à Karine ce qu’elle en pense. Elle a aussi mal aux jambes et aux bras que nous. Arrivés à la voiture, je regarde ma vitesse max pour noter un 47,5 km/h. Très fier j’annonce ma vitesse, Karine regarde son compteur et elle sourit en m’annonçant 49km/h. Incroyable, elle m’a enfumé, ça sent la revanche. Une dernière remarque concernant le vtt électrique, certes le moteur aide bien dans les montées mais il faut amener la bête en descente et dans les passages techniques. Le poids, la vitesse ont vite fait de t’amener à la faute et là, ça se paye cash et n’oublions pas lorsqu’il faut pousser, porter l’engin, il faut du muscle, beaucoup de muscle. Croire qu’acheter un vtt électrique permet à tout le monde de faire des randos comme celles nous faisons est illusoire et même dangereux . Il faut vraiment avoir une excellente condition physique et une très bonne technique pour en tirer le meilleur parti. Mettre un néophyte sur un VAE à Bruniquel, c’est l’assurer du carton, voire de l’accident grave.
Dans tous les cas, bravo Karine pour cette rando sportive et merci pour ton abri lorsque le vent était contraire. Reste le problème à régler de notre vitesse max.

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