Home » Sorties club, journal

Dimanche 24 septembre:ENTRE GAILLAC ET RABASTENS

30 septembre 2017 No Comment

Une fois n’est pas coutume, le STONE se retrouve en nombre du coté de Rabastens, après avoir pensé aller du coté de Montaigut de Quercy. Les arguments concernant le style de terrain nous ont convaincu de rester près de chez nous. C’est donc une équipe presque complète qui s’aligne pour cette randonnée qui se veut « tranquille » et agréable. Nous allons le voir, agréable, elle l’a été, tranquille…on en reparlera. Bien entendu, c’est avec un peu de retard que nous démarrons alors que Djey met le clignotant prés de son camion, pose son vélo, jette son sac pour un arrêt de dernière minute. Nous apprendrons à l’arrivée qu’il a perdu ses superbes OAKLEY lors de l’engagement. Ces superbes lunettes ont des verres ultra filtrants qui permettent de ne pas avoir mal aux yeux, même quand on voit leur prix. Très forts ces américains. Heureusement, un mec honnête les a retrouvées et les a données à l’organisateur. Jérôme les retrouvera à l’arrivée. De quoi lui redonner espoir dans l’humanité. Nous prenons donc au ralenti les premiers chemins, bien plats, bien roulants, en attendant Jérome et KTman qui s’est arrété avec lui. Alain ayant des fuites au niveau de la valve (et pas seulement de la valve) s’arrête, regonfle. Nous repartons toujours au ralenti, à la limite du décrochage. Re-arrêt pour gonflage de pneu arrière et toujours pas de Jérôme ni de KTMan. Kilomètre 7, un vététiste nous double. Alain, devant se raidit. Tel un chien de chasse à l’arrêt, le nez dans le vent pour sentir le gibier, la patte en l’air, Alain se redresse, juge le lascar qui a eu l’outrecuidance de nous doubler et doucement, avec l’air de ne pas y toucher, comme si de rien n’était, le voici qui accélère doucement, progressivement mais sûrement. La troupe accélère pour suivre notre guide du jour, on passe allègrement de 12 km/h à 25. Alain recolle à la roue du vététiste, se redresse encore un peu plus, bien droit sur son vélo, il observe le matos du bonhomme. Rien d’intéressant à dire donc il se tait(rare) et enroule du braquet. On enchaine les chemins, les virages sur un sol sec et glissant jusqu’à ce qu’une voix nous parvienne de derrière : « c’est fini ces conneries ». Philippe se manifeste, il a horreur des départs rapides et le fait savoir. Et il a bien raison, parce que le programme prévoit 1000 m de dénivelé mais ici ce ne sont pas de longues cotes qui nous attendent mais bien des montées sévères et courtes qui usent bien les organismes.- « Alain, tu vas trop vite. » -« j’ai pas accéléré !» – « non, non, tu as raison, on est juste passé de 12 à 25 à l’heure. » Nous reprenons notre allure de sénateur pour que KTMan et Jérôme puisse nous rejoindre. Petit à petit nous arrivons sur les contreforts des collines et là, le terrain change, on passe du plat à la bugne sévère, le truc qui t’arrache les cuisses et les mollets. En haut d’une d’entre elles nous arrivons au premier ravito, complet et de qualité. On attend nos amis, en vain. Pas de KTman ni de Djey en vue. Nous décidons de repartir sur le 55 km et enquillons les pistes du grand parcours. Nous sommes maintenant dans les coteaux et ça se ressent. Ça monte et ça monte fort, très fort même. Grands pignons exigés. Arrivés sur le haut des collines, nous redescendons sur des chemins rapides, herbeux ayant quelques trous et ornières piégeuses au milieu bref, de quoi se faire bien mal en cas de chute. Et à ce petit jeu, JMJ est imbattable. Visiblement il enlève la goupille de sécurité et se lâche. Putain qu’il va vite. Nous progressons à allure raisonnable mais continue notamment dans ces « p…. » de côtes qui petit à petit nous usent. On se regroupe en haut des plus difficiles mais les écarts sont de plus en plus marqués. Alain ressent là, les biens faits de ses électrocutions bi hebdomadaires. Les machines d’Anthony sculptent son corps d’athlète. Il est devant et avec le sourire en plus. Nicolas le suit de près, pas mal pour un gars qui fait moins de vélo depuis qu’il a commencé des travaux à sa maison. Philippe, lui, paye ses habituels samedis. Avant, il avait un entraîneur qui le séchait le samedi, le dimanche il n’avait pas récupéré. Maintenant il n’a plus d’entraineur le samedi, alors il va courir, comme ça, il est bien cramé le dimanche. De plus aujourd’hui, il est vrai, il est ralenti pas sa cassette qui lui fait des misères. Petit à petit, côtes après côtes nous arrivons au second ravitaillement. « C’est bon les gars, il ne vous reste plus que 17 km et 200m de dénivelé. » Ça donne un peu de baume au cœur parce qu’on commence à être sérieusement entamés. Rando tranquille et agréable qu’ils disaient. Tu parles. Le retour vers Rabastens c’est une suite ininterrompue de bosses avec des pourcentages à faire peur et des descentes qui ne laissent pas le temps de récupérer. C’est dur, très dur, on finit les côtes à l’arrache, je me retourne, il ne reste plus que Nicolas avec moi. On décide de rouler ensemble jusqu’à l’entrée de Rabastens et d’attendre la troupe pour arriver ensemble. Les kilomètres défilent et nous voyons enfin le panneau RABASTENS. Ouf…Et bien non, la flèche au sol nous envoi en direction opposée pour attaquer du chemin en castine qui nous amène au pied d’une dernière bosse assassine. Arrivé en haut, je me retourne…personne, je roulotte doucement en attendant d’être rattrapé par le groupe. Tout d’un coup, un maillot bleu me double plein pot. Alain à plat ventres sur son vélo, pédale comme un fou pour me larguer. « Alors là, mon gars, il va falloir que tu y mettes du jus de mollet. » je sprinte, remonte sur le rascal, le double et lui mets 100m dans le nez. Je me retourne, il a renoncé, il est cuit. « Ça fait plusieurs kilomètres que je tente de vous rattraper, vous étiez à 100 m devant moi ». On se relève pour attendre la troupe et avançons au ralenti dans un dédale de rues ou certains plaisantins ont enlevé les rubalises. Aucun STONE ne revient sur nous lorsque nous débouchons devant la cave coopérative de RABASTENS. Nicolas et KTman nous y attendent avec le sourire. On a du se tromper un peu du coté de Rabastens. Sur l’aire de départ/arrivée, nous attendons les STONES qui tardent un peu à arriver lorsqu’apparait Djey qui s’est envoyé, bien que seul, le grand parcours, même s’il a effectué une petite coupe sur la fin. On récupère JMJ et Philippe, un peu entamés et on en profite pour déguster la soupe à l’ail de Lautrec, la saucisse grillée, le pâté et le vin de la coopérative. Voilà une randonnée agréable, pas tranquille du tout qui a été pour moi, certainement la plus dure physiquement de l’année.

.